Vernissage

4@7
16 Septembre 2017

Exposition

16 Septembre - 3 Octobre 2017
Ajouter au calendrier 2017-09-16 10:00:00 2017-10-3 17:00:00 America/New_York Toucher terre « Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il voit devant lui, mais ce qu’il voit en lui. » Caspar David Friedrich (1774-1840) Tantôt jaillissements émotionnels, tantôt remous astronomiques, l’univers de Marleen Provençal n’a rien de statique. Flirtant avec l’abstraction depuis une dizaine d’années, sa peinture, éminemment énergique et suggestive, ignore le silence et la contrainte. Plus d’une fois retourné sens dessus-dessous en cours d’exécution, chaque tableau naît ainsi d’un déploiement de couleurs audacieuses et d’une gestuelle impétueuse dont la surface conserve les traces bien visibles. Au cœur de visions en apparence chaotiques, émergent çà et là des paysages qui n’ont rien d’idéalisés et de bucoliques. Des paysages tout en tensions, aux horizons embrasés, saturés d’ocre et de rouge, où persistent en quelques zones sombres des éclats de lumière blanchâtre et des percées de ciels bleus dans la grisaille. Eau, air, terre, feu, éléments solides et éthérés d’une nature bien vivante, donnent ainsi l’impression de s’y livrer un combat chromatique, formel et spatial singulier. Panaches volcaniques, tourbillons de gaz, de cendre et de poussière, nuées ardentes, fumerolles et fracas d’écume, l’artiste nous place ici en observateurs de phénomènes telluriques, atmosphériques et climatiques au potentiel dévastateur, voire cataclysmique. Expulsées des profondeurs de la terre et des océans, mues par la violence des vents ascendants, les flammes y dévorent forêts et plaines; les tempêtes érodent des rivages inconnus; les eaux montantes engloutissent des paradis désormais perdus… Un cycle de destruction-régénération s’enclenche. Chargée des forces mystérieuses et antagonistes qui régissent la dynamique planétaire depuis la nuit des temps, voici peut-être la terre primitive telle qu’elle fut à sa genèse ou telle qu’elle se présentera peut-être encore maintes fois au cours de sa longue traversée du temps cosmique. À cette échelle vertigineuse, le règne de l’Homme n’aura peut-être été qu’une insignifiante parenthèse. Exécutés dans l’urgence, les paysages de pure imagination, empreints de romantisme et d’effets plastiques saisissants témoignent de préoccupations bien réelles. En cette époque d’incertitude et de tergiversations sur les enjeux environnementaux, ils attestent de l’impermanence, de la vulnérabilité et du frêle équilibre du monde en mutation qui nous porte et sur lequel nous laisserons sans doute une empreinte profonde. Marleen Provençal nous en révèle ici la terrifiante beauté. Texte de Nicole Allard, historienne de l’art 218 rue Saint Paul Ouest Montréal, QC, H2Y 1Z9 Galerie Blanche info@galerieblanche.com

Toucher terre

« Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il voit devant lui, mais ce qu’il voit en lui. » Caspar David Friedrich (1774-1840)

Tantôt jaillissements émotionnels, tantôt remous astronomiques, l’univers de Marleen Provençal n’a rien de statique. Flirtant avec l’abstraction depuis une dizaine d’années, sa peinture, éminemment énergique et suggestive, ignore le silence et la contrainte. Plus d’une fois retourné sens dessus-dessous en cours d’exécution, chaque tableau naît ainsi d’un déploiement de couleurs audacieuses et d’une gestuelle impétueuse dont la surface conserve les traces bien visibles.
Au cœur de visions en apparence chaotiques, émergent çà et là des paysages qui n’ont rien d’idéalisés et de bucoliques. Des paysages tout en tensions, aux horizons embrasés, saturés d’ocre et de rouge, où persistent en quelques zones sombres des éclats de lumière blanchâtre et des percées de ciels bleus dans la grisaille. Eau, air, terre, feu, éléments solides et éthérés d’une nature bien vivante, donnent ainsi l’impression de s’y livrer un combat chromatique, formel et spatial singulier.

Panaches volcaniques, tourbillons de gaz, de cendre et de poussière, nuées ardentes, fumerolles et fracas d’écume, l’artiste nous place ici en observateurs de phénomènes telluriques, atmosphériques et climatiques au potentiel dévastateur, voire cataclysmique.

Expulsées des profondeurs de la terre et des océans, mues par la violence des vents ascendants, les flammes y dévorent forêts et plaines; les tempêtes érodent des rivages inconnus; les eaux montantes engloutissent des paradis désormais perdus… Un cycle de destruction-régénération s’enclenche.
Chargée des forces mystérieuses et antagonistes qui régissent la dynamique planétaire depuis la nuit des temps, voici peut-être la terre primitive telle qu’elle fut à sa genèse ou telle qu’elle se présentera peut-être encore maintes fois au cours de sa longue traversée du temps cosmique. À cette échelle vertigineuse, le règne de l’Homme n’aura peut-être été qu’une insignifiante parenthèse.

Exécutés dans l’urgence, les paysages de pure imagination, empreints de romantisme et d’effets plastiques saisissants témoignent de préoccupations bien réelles. En cette époque d’incertitude et de tergiversations sur les enjeux environnementaux, ils attestent de l’impermanence, de la vulnérabilité et du frêle équilibre du monde en mutation qui nous porte et sur lequel nous laisserons sans doute une empreinte profonde.
Marleen Provençal nous en révèle ici la terrifiante beauté.

Texte de Nicole Allard, historienne de l’art