Vernissage

5@8
25 Août 2017

Exposition

23 - 31 Août 2017
Ajouter au calendrier 2017-08-23 10:00:00 2017-08-31 17:00:00 America/New_York Lancement de livre Lancement du roman Le corps des bêtes, d’Audrée Wilhelmy « Osip se refuse à sa nièce. Il ne lui montrera pas comment faire « le sexe des humains », même s’il ne voit pas trop qui pourra le lui enseigner sur le rocher qu’ils habitent avec le reste du clan, à huit heures de marche du village le plus proche. Il n’a pas pitié de Mie, elle n’existe pas pour lui. Elle appartient à cette plage qu’il observe depuis la plate-forme du phare où il passe ses journées. Seuls l’intéressent les bateaux étrangers dont il note les passages, et la femme de l’aîné. Celle-là tranche avec le reste du tableau: elle n’a ni la pudeur de la Vieille, ni les manières des femmes qu’il a croisées naguère à Seiche. Son frère l’a engrossée dès son arrivée à Sitjaq, mais qui s’en soucie? Sur ce bout de terre rocailleux, les bêtes sont à qui les prend. Mie approche ses doigts du visage de sa mère. La peau mouchetée, les cheveux doux, bruns et roux et blancs: Noé est comme les animaux empaillés, ses yeux sont deux billes noires figées dans la pénombre, elle a les chevilles solides même si elles sont maigres, la peau marquée comme le cuir des poissons, la force dans le cou, la gorge, les épaules. Elle ne bouge pas. » Audrée Wilhelmy est une écrivaine québécoise née à Cap-Rouge qui habite à Montréal. Le dessin, la peinture et la photographie jouent un rôle central dans sa pratique littéraire. Ses recherches doctorales et postdoctorales portaient d’ailleurs sur la fonction de l’image dans le processus d’écriture. Le corps des bêtes est son troisième roman. 218 rue Saint Paul Ouest Montréal, QC, H2Y 1Z9 Galerie Blanche info@galerieblanche.com

Lancement de livre

Lancement du roman Le corps des bêtes, d’Audrée Wilhelmy

« Osip se refuse à sa nièce. Il ne lui montrera pas comment faire « le sexe des humains », même s’il ne voit pas trop qui pourra le lui enseigner sur le rocher qu’ils habitent avec le reste du clan, à huit heures de marche du village le plus proche. Il n’a pas pitié de Mie, elle n’existe pas pour lui. Elle appartient à cette plage qu’il observe depuis la plate-forme du phare où il passe ses journées. Seuls l’intéressent les bateaux étrangers dont il note les passages, et la femme de l’aîné. Celle-là tranche avec le reste du tableau: elle n’a ni la pudeur de la Vieille, ni les manières des femmes qu’il a croisées naguère à Seiche. Son frère l’a engrossée dès son arrivée à Sitjaq, mais qui s’en soucie? Sur ce bout de terre rocailleux, les bêtes sont à qui les prend.
Mie approche ses doigts du visage de sa mère. La peau mouchetée, les cheveux doux, bruns et roux et blancs: Noé est comme les animaux empaillés, ses yeux sont deux billes noires figées dans la pénombre, elle a les chevilles solides même si elles sont maigres, la peau marquée comme le cuir des poissons, la force dans le cou, la gorge, les épaules. Elle ne bouge pas. »

Audrée Wilhelmy est une écrivaine québécoise née à Cap-Rouge qui habite à Montréal. Le dessin, la peinture et la photographie jouent un rôle central dans sa pratique littéraire. Ses recherches doctorales et postdoctorales portaient d’ailleurs sur la fonction de l’image dans le processus d’écriture. Le corps des bêtes est son troisième roman.